LA GAY CHRONIQUE

Gaspard va au Krash Bar (sexclub gay à Paris)

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C’est pas Martine à la plage mais y a plus d’action je crois 🙂 Ça faisait un petit moment que je voulais reprendre ce genre de chroniques. Sur ce blog en plus, au milieu de tout un tas de scènes avec des zgegs durs durs, on ne va pas faire de manières !

Quand j’avais une vingtaine d’années, les sexclubs gays me terrifiaient un peu. L’atmosphère très cul, les regards qui sentent la faim, la promiscuité, une hygiène pas top top, des odeurs parfois difficiles à supporter, la peur des IST… La première fois qu’on y met les pieds, on peut rester bouche bée, choqué, impressionné. Mais avec le temps j’ai fini par apprécier ces clubs pour plusieurs raisons, en dépassant certaines peurs et a prioris.

Déjà, au moins quand on va dans un lieu comme ça, on sait à quoi s’attendre. Quand tu es célib et que tu as juste envie d’un truc direct, c’est parfait. Et au moins tu n’as pas besoin de faire du small talk : tout se passe très vite et il suffit d’un regard ou d’un geste. Ce que j’aime aussi dans les sexclubs, c’est que c’est radicalement différent des applis. On ne tourne pas autour du pot, on ne fait pas de manières, les gens aiment le cul et sont là pour ça. Et surtout le charme prime. Grindr est devenu un enfer où avant de mettre en place un plan il faut envoyer des photos de tout son corps et de ses parties intimes. Un scanner inhumain et gênant , un supermarché sans pitié et souvent dur pour l’égo. On reste sur des critères superficiels, on se met et on met les autres dans des cases et on n’en sort surtout pas. Dans un sexclub, souvent on peut finir par se laisser charmer par quelqu’un qui n’est à priori pas notre style et qui se révèle être un partenaire formidable. C’est plus naturel, authentique, et ça renoue en quelques sortes avec une certaine tradition de la drague gay (les cruisings existent depuis des décennies et on s’y amuse bien plus qu’à travers un plan cul tout froid via appli). 

Oui, l’atmosphère est très cul mais ça peut vite devenir excitant. Les regards en disent long mais c’est un jeu amusant. La promiscuité on s’y fait (il faut mettre de côté sa timidité et stopper la parano : tout le monde est là pour la même chose, il n’y a aucune honte ou gêne à avoir), quand on ne veut pas on enlève la main qui nous palpe poliment. L’hygiène c’est pas ça alors on se prépare en circonstance (quand j’y vais, je mets un vieux pantalon et des chaussures auxquelles je ne tiens pas particulièrement). Les odeurs, on les apprivoise et on les oublie vite. Et concernant les IST, perso je n’en ai attrapé qu’une seule en deux ans et elle était vite traitée (je précise que je suis sous Prep, que j’utilise la capote et me teste tous les 3 mois).

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On entre dans le vif du sujet : je suis donc allé passer une nuit au Krash Bar. C’est un des sexclubs gays les plus connus du Marais, situé presque à côté du Centre Pompidou, au 12 rue Simon Le Franc dans le 4ème arrondissement. Je ne suis pas allé là par hasard : c’est de mon point de vue le meilleur sexclub gay parisien.

Déjà, tout simplement car pratiquement à chaque fois que j’y suis allé j’ai fini par pécho. Les mecs ne sont pas là pour faire un Scrabble et ça va très très vite. Il y a aussi et surtout un barman que j’adore. Un mec look hipster à casquette qui est hyper gentil et bienveillant (une fois, alors qu’un mec relou insistait un peu trop il m’a bien sauvé la mise). Et le gars, chose presque inespérée pour ce type de lieu, a des goûts musicaux excellents. Il n’est pas là tous les soirs mais quand il est là il passe des titres électros-sexuels ou des choses plus pop et pointues. Il faut donc aller dans un bar à cul pour entendre de la musique chouette dans le Marais. Rien que pour ce mec chou qui t’appelle toujours « Mon grand », j’aime bien y aller. 

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Ce soir-là, un samedi, j’arrive sur les coups de deux heures du matin. Je sonne à la porte, on m’ouvre. J’entre dans la pièce principale. Je dépose mon vestiaire, prends ma conso. Le lieu n’est pas trop grand, juste ce qu’il faut. A côté du bar, il y a un fumoir. Un très petit fumoir. Mode confiné. On est gravement enfumé mais ça a le mérite de favoriser les rapprochements. Les gens ont la conversation facile et il y a souvent des types intéressants. Parfois aussi des mecs se font pomper ou se touchent la teub. Ce soir, c’est plutôt calme et bon enfant. Je sors, regarde autour de moi. C’est ce que j’adore dans les sexclubs : ce côté chasse à l’homme. On scrute les présents et on se dit dans sa tête « oui », « pourquoi pas », « pas du tout » mais qui sait… En général, dans cette pièce principale avec bar les mecs prennent simplement un verre et discutent. Après lors des nuits les plus folles, certains peuvent se mettre à baiser à côté du bar mais c’est rare. Les barmen ne jugent pas en tout cas : ici il n’y a pas d’image, pas de slutshaming. On fait ce qu’on veut et on s’éclate. Le sexe c’est cool et c’est bon. 

Pour avoir de l’action, il faut descendre au sous-sol. En prenant le chemin des marches, on tombe sur des posters de prévention qui rappellent qu’il faut se protéger et faire attention avec les drogues.

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Arrivé au sous-sol, on est face à des pissotières. A droite, il y a deux cabines de toilettes. C’est souvent un peu crade surtout quand on arrive tard. On soupçonne certains de s’adonner à des jeux uros car le sol est parfois très mouillé (d’où l’intérêt de ne pas y aller avec ses belles chaussures). Sur la gauche, c’est l’allée des plaisirs. Une ligne droite où les mecs sont debout et regardent ceux qui défilent. Lumière rouge de rigueur : bienvenue dans un délicieux enfer ! En traversant cette ligne, on croise les regards, on y répond ou on les évite. Des mains peuvent venir caresser furtivement l’entrejambe ou le derrière. Il y a des mecs debout et des mecs qui pompent à genoux (ce qui peut rendre la traversée de la ligne un peu périlleuse). Il y a deux cabines fermées mais on entend les bruits de ceux qui s’y amusent. Il y a surtout deux petits espaces ouverts favorisant le sexe en groupe. Le premier est en mode pénombre. Le second est nettement plus sombre (jamais je n’y vais, le noir m’angoisse). Il y a enfin au bout de la ligne un sling où des passifs téméraires et ouverts viennent s’offrir.

Ce sous-sol, c’est un shot de sexe. Il y a beaucoup d’action et on est direct dans le mood. Une bosse dans le pantalon est vite arrivée car il y a des mecs qui se font pomper ou qui baisent dans tous les sens. Et il ya les bruits du sexe : les râles de plaisir, les couinements, les fesses qui claquent… J’avoue que quand je vais au Krash c’est en fin de soirée, après des verres. L’alcool désinhibe et je me sens moins intimidé. J’emprunte la ligne et je n’en suis qu’au début que je vois déjà un mec qui me plait. Une bonne soirée s’annonce. Mec début de quarantaine, lunettes sexy, dad bod mignon. Il me lance un regard qui en dit long. Boom j’ai la gaule. Ca fait même pas 10 minutes que je suis là et c’est déjà parti. Pas de timidité : je me mets à genoux et j’y vais. Du poppers circule, ça chauffe. Des mecs essaient de me peloter, j’enlève doucement les mains. Un mec arrive sur la gauche et met sa main sur ma nuque et lance un commentaire du genre « Ça c’est une bonne salope ». C’est vulgaire, c’est très porn, hors contexte ça peut être gênant mais là dans l’instant présent on joue le jeu et on se laisse aller à l’excitation primitive. Je m’oublie à genoux et le fait d’être comme ça, un peu rabaissé, m’excite beaucoup. Je suis néanmoins un petit filou car si je donne du plaisir par la position dans laquelle je me mets, je pense avant tout au mien. Le mec est sexy, la situation trash bandante : je jouis au bout de dix minutes. Et là, comme je fais dans ces cas-là, je me relève, je souris et je dis « Je vais faire une pause ». Les mecs ne captent pas en général quand tu jouis.

Passage express au robinet et retour au bar. J’ai prévu de rester jusqu’à la fermeture. Un nouveau verre, je me remets de mon petit instant débauche. Je m’assois près de la porte d’entrée. Viens se mettre à côté de moi THE habitué du lieu. C’est simple : à chaque fois que je vais au Krash, je le vois. Un mec un peu carré, look vaguement sportswear qui en a une très grosse. Une des premières fois où j’y étais allé, j’avais fait un petit truc avec lui. Et une autre fois on avait sauté un mec ensemble. La fois d’après j’avais été le voir en mode « buddy » mais il avait été très froid. OKOK. Il connait ma tête mais ne me salue pas. Parfois quand je fais des trucs il essaie de s’incruster. Il est un peu chelou, c’est un peu un connard mais il est comme il est. Là, il est à côté de moi, les yeux rivés sur son portable. Il est dans un sexclub mais il envoie des messages sur Grindr. CQFD. 

Je regarde le grand écran à côté des escaliers qui donnent sur le sous-sol et qui diffuse du bon porno (Cockyboys ou Nakedsword en général). Une scène avec Tegan Zayne qui se fait manger son derrière.

Le temps passe. Une heure plus tard le lieu est un peu vide. Je fume une clope, un mec me lance des regards insistants mais il ne me plait pas. Je dévie, je fais l’idiot qui ne voit pas. Il sort. Un autre arrive, un trentenaire français qui me parle en anglais, me prenant pour un touriste. Je rigole et lui dit que je suis parisien. Il me dit que j’ai l’air vachement jeune et que j’ai l’air perdu. Je le sais, ça c’est ma botte secrète : je ne me force pas, je n’y peux rien je suis comme ça mais quand on me voit dans ce genre d’endroits j’ai l’air d’un jeune mec timide, un petit mouton encerclé par les loups. J’ai le regard fuyant. Je dis souvent que j’ai 25 ou 27 ans alors que j’ai la trentaine. Je sais que ça en excite certains ce côté ptit mec perdu et innocent. La vérité c’est que je sais exactement où j’ai mis les pieds et que j’en ai vu de belles. Mais minauder ne fait jamais de mal 🙂

Je redescends faire un tour. Il n’y a plus que des mecs d’une cinquantaine d’années, transpirants et bedonnants qui tournent en rond. Je remonte. Je m’ennuie un peu mais je me dis que ça va arriver : souvent des gars arrivent autour de 4-5h quand d’autres lieux alentours ferment. Le Krash est ouvert le samedi jusque 7h du matin. C’est là où on vient bien finir la nuit et se finir.

Après une période calme : BAM ! Un groupe de jeunes mecs d’une vingtaine d’années. Ils sont 4. Il y en a un qui est absolument sublime. Grand, fin, look BCBG, gueule lisse de gentil petit mari (mais il est ici donc il doit être kinky). Ce genre de groupe de jeunes mecs, en général ça tourne vite à la cata. Les gars  viennent entre potes pour voir à quoi ça ressemble, pour le frisson. Ils font le tour, voient qu’il n’y a pratiquement pas de mecs d’une vingtaine d’années et repartent. Ou desfois c’est pire. Il y a eu un soir où un groupe comme ça s’était mis à se taper des fous rires bruyants au sous-sol en regardant des mecs baiser. L’un deux s’était posé sur le sling en pouffant de rire. C’est le genre de truc qui casse l’ambiance. Je me souviens d’un habitué qui avait lancé « Putain de princesses ! » LOL.

Le super bogosse et ses potes prennent leur conso et restent un moment au bar. Je vois le BG embrasser un de ses potes, le cajoler. Ça m’a l’air mort pour moi tout ça. Ils restent une trentaine de minutes comme ça et n’ont pas l’air ravis par les mecs qui entrent et rejoignent le bar. Ils sont tous mignons, bien foutus, des insta boys en puissance. Inaccessibles ? 

Ils finissent par lancer « Allez, on va faire un tour, on verra bien ». Le groupe descend. J’attends une minute et je descends à mon tour. Ils se sont posés au fond de la ligne. Je m’approche. Je suis à côté d’eux et je vois surgir un petit mec musclé sec, torse nu. Il est invité dans leur cercle. Le BG lance un simple « Ça va ? » et lui colle sa main sur l’entrejambe. Les amis du BG commencent à titiller les tétons de l’invité. Un autre pote à lui se met à genoux et le suce. Le BG finit par attraper l’invité et lui colle son sexe dans la bouche, assez violemment. Finalement ce groupe est loin d’être venu pour rigoler. Ils sortent tous leur queue et l’invité pompe à la chaine. Le spectacle attire tous les présents qui se ruent pour mater ou pour tenter de participer. Les mains se font très baladeuses. Je croise le regard du BG alors qu’il se fait sucer. Il ne le soutient pas. Je me dis que je suis sans doute un peu « out of his league ».

Fatigués que des tas de vieux messieurs les collent, le groupe d’amis et leur jeune invité décident de bouger. Ils vont se caler dans un des espaces ouverts. Ils rentrent tous pile poil dedans. Je me mets sur le côté, je me dis que je vais mater : ils sont beaux, pourquoi se priver ? L’invité a du mal à suivre avec les 4 sexes des garçons et il faut dire que le BG y va un peu fort. Il est super excitant. C’est toujours hyper bandant ce genre de mec lisse avec une gueule de petit mari qui se transforme d’un coup en dominant bourrin et pervers. Sa façon de lui tenir la tête fermement, ses regards vicieux, son sourire alors qu’il soumet : bosse dans le pantalon. Je suis clairement en mode petit passif ce soir. 

Je sens une main sur mon entrejambe. C’est l’un des potes du BG. Il ouvre ma braguette et me branle. Et, souriant, il me dit « Allez, viens avec nous ». HOLLY SHIT. J’ai l’impression qu’on me convie à la meilleure des soirées VIP. Clairement tout le monde présent a envie de jouer avec ces mecs. C’est mon jour de chance. Le pote du BG est un petit barbu sexy. Il se met à genoux et me pompe. Je sors mon Poppers et le fait tourner. L’invité sort du cercle, il a « besoin de respirer ». Le BG me regarde me faire pomper par son ami et ses deux autres potes aussi. Ils se branlent. Le BG me lance un sourire vicieux et baisse le regard comme pour m’inviter à venir m’occuper de lui. La bouche de son pote reste sur mon sexe et je goûte au playboy. Je suis surexcité. Il est magnifique. Je finis par ne plus me consacrer qu’à lui. Gros travail pour ne pas jouir direct car j’ai déjà un orgasme visuel rien qu’à le voir prendre du plaisir. C’est le genre d’images que je vais bien sauvegarder dans ma tête pour y repenser plus tard. Alors qu’il devient très domi et enclenche le mode fond de gorge, je ne tiens plus : je jouis. « Je vais faire une pause ». Je regrette de partir car ils sont vraiment trop beaux mais je me dis que c’est la fin parfaite. Il faut savoir partir sur la meilleure note. Lavabo, je vais prendre mon vestiaire : ciao ! Je sors de là le sourire aux lèvres. Ce fût une nuit très riche.

Dehors, le jour se lève, c’est bientôt l’heure du premier métro. Je me balade en sautillant, mon casque sur les oreilles. En marchant, je croise un mec look lascar qui me demande si je veux baiser au beau milieu de la rue. Je rigole et lui dit « Non merci c’est déjà fait ». « T’es sûr ? ». J’entre dans la station de métro. J’attends 10 minutes que le métro arrive. Sur le trajet je vois deux mecs qui étaient dans le bar et qui rentrent ensemble. Je vais bien dormir. 

J’ai hésité avant de reprendre ce genre de chroniques et de les faire de façon authentique et crue. Mais je me suis dit qu’en ces temps où il y a de plus en plus de slutshaming et de gens fermés, ça ne ferait pas de mal des petits récits comme ça. Car il n’y a pas de mal à aimer le sexe et ça ne fait pas de vous une méchante salope qui ne mérite pas l’amour. Oui j’ai kiffé ma soirée, j’ai kiffé pomper, et c’est cool. Il ne faut pas bouder son plaisir. Soirée de haute volée au Krash que je vous conseille donc si vous n’avez pas froid aux yeux (de préférence le samedi avec le barman à casquette d’amour).

Le Gay Désir. Le blog français d'actualité du porno gay.