LA GAY CHRONIQUE

Gaspard va au Full Métal (cruising gay à Paris)

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Et si on continuait notre exploration des sexclubs gays parisiens ? Après le Krash Bar, c’est au Full Métal que j’ai décidé de passer tout un samedi soir jusqu’au petit matin.

Situé pile en face de son rival Le Secteur X, Le Full Métal (40 rue des Blancs Manteaux, 75004 Paris) est comme tous les clubs du genre discret au niveau de sa devanture. Façade anonyme de rigueur. Je sonne et me trouve face au garçon qui gère le vestiaire. J’ai l’impression que c’est variable selon les soirs mais le Full Métal a déjà un petit handicap par rapport à ses concurrents : alors qu’au Krash ou au Secteur X on ne paie pas d’entrée (mais on est incité à prendre un vestiaire et une conso), ici (en ce samedi du moins) il faut payer l’entrée et le vestiaire. 12 euros c’est pas la mer à boire et l’un dans l’autre ça revient au même que si on se prenait un verre de vodka mais le fait de devoir payer une entrée peut paraître moins convivial et ouvert que chez les autres. Autre détail un peu relou : si au bar la carte bancaire est acceptée, à l’entrée ils ne prennent que du cash. Je n’avais pas anticipé (oui je suis devenu un de ces connards qui paient un maximum de choses en sans contact) et je dois ressortir pour chercher un distributeur.

full métal gay paris

Je précise que le logo est un ajout. Dans la réalité il n’y a pas de logo sur la devanture 😉

Dans la rue, un mec me demande une clope. Je lui propose une Menthol. Il me dit non. Puis il me demande si je veux de la coke. Il y a de plus en plus de dealers dans le Marais le weekend. Les mecs sont parfois un peu chelous et proposent aussi de les suivre pour baiser. Méfiance. Je réponds « Non merci, je ne tiens pas du tout la drogue ». Le gars insiste un peu « Faut essayer pour voir, t’as essayé ? ». Je trace.

J’entre donc au Full Métal une fois mes billets en main. Je suis déjà venu ici plusieurs fois (notamment pour assister à un tournage de film porno gay de Ridley Dovarez qui a fait du Full Métal un de ses décors de prédilection) et en terme d’espace je trouve que ce cruising bar est le mieux pensé de tout Paris. Des trois sexclubs de ce que j’appelle « Le triangle d’or du cul » (Secteur X / Full Métal / Krash), le Full Métal tire son épingle du jeu avec un fumoir moins suffocant que les autres, avec plusieurs places pour s’asseoir et surtout des espaces agréables pour le sexe.

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On descend les marches et on se retrouve devant le bar où scrutent ,assis, quelques hommes d’un certain âge. Il n’y a pas l’air d’y avoir foule mais il n’est que 23h30. Je prends mon premier verre et fait le tour. J’avance tout droit. De nombreux espaces pour s’asseoir, un sling spacieusement offert et visible de tous. Au bout de l’allée, sur la gauche, un fumoir et à droite un mini labyrinthe. Ce dernier est assez sombre mais pas trop : selon où on se place on arrive à bien voir les gens. A mon arrivée, c’est un peu vide et il y a juste des mecs de 50 ans qui errent comme des âmes en peine.

Je vais me poser dans le fumoir. Deux hommes, toujours la cinquantaine, sont en train de se plaindre d’un jeune client qui les a recalés un peu sèchement : « Encore une diva, si tu viens ici fais pas ton difficile ».

Je ressors, retrouve le bar. A gauche du bar, il y a un autre petit passage dédié au sexe. Des cabines, des pissotières, encore des cabines et un espace ouvert. C’est plus exigu. Il est minuit et c’est toujours assez vide.

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Je m’assois un peu avec un nouveau verre à la main et je scrute les arrivées qui se font trop rares. Sur une télévision fixée au mur passe du porno genre Cazzo. Je me fais la réflexion que tout d’ailleurs est finalement ici très début des années 2000 : le porn comme la musique qui n’a pas dû changer depuis 15 ans. Je précise toutefois que le lieu est assez propre et bien entretenu. C’est d’ailleurs sans doute le mieux entretenu du quartier.

Quand je m’amuse à faire « la tournée des bordels » soit mon triangle d’or du cul, je vais toujours au Full Métal au début. Car c’est plus cosy et c’est un fait (déso !) : il y a toujours moins de monde qu’ailleurs. En y réfléchissant bien, ça fait bien des années que je n’ai pas trouvé un mec avec qui baiser là-bas. Souvent au bout d’une heure, faute d’avoir trouvé, je pars. Vu que j’ai décidé de faire un test du lieu, je m’engage à y rester jusqu’au bout de la nuit et je me dis que ce sera marrant de voir comment ça évolue pour une fois.

Retour au fumoir. Un habitué du lieu, la cinquantaine toujours, se met à me parler et regrette qu’il n’y ait pas foule.

« C’est toujours un peu comme ça non ? ».

Il me répond que non. Puis ajoute :

« Il faut venir le mercredi vers 22h, c’est toujours mieux le mercredi.

-Ah bon, en pleine semaine ?

-Oui le mercredi c’est toujours bien.

-Mais il y a une soirée à thème le mercredi ?

-Non c’est juste que les mecs du mercredi sont toujours plus chauds. Le weekend y a les princesses et les touristes. Ça tourne trop, ça se regarde, ça baise pas beaucoup. Le mercredi c’est cash.

-Mais c’est quand même super bizarre qu’il y ait un jour de la semaine où la clientèle est plus chaude qu’un autre non ?

-C’est comme ça, c’est le mercredi. »

Je n’aurai pas la clé du mystère du mercredi alors je conclus moi-même « Ça doit être l’effet du milieu de semaine, les gens en ont marre du boulot et ont hâte d’être en week end : ils sont à cran ». Ça le fait rigoler ainsi qu’un autre mec qui écoutait l’air de rien. Depuis j’ai vérifié et le mercredi c’est soirée cuir et latex, pour info. 

Bon c’est pas tout mais je me fais chier ! Je me prends un troisième verre. Je vais dans le mini-labyrinthe à côté du fumoir et il y a l’air de se passer quelque chose. Un mec à casquette est en train de se faire sauter devant une horde de mecs âgés qui se rincent l’oeil en se masturbant. Le passif n’est pas trop mon genre, celui qui le prend non plus. Mais je me fais la réflexion que le son est excitant dans ce mini-labyrinthe. Ça résonne bien, ça intrigue, ça titille. Le son du sexe c’est toujours stimulant dans un sexclub. Les mecs qui baisent se croient dans un porn. Le passif n’en finit plus de couiner et l’actif – un mec rebeu, très grand et chubby- en rajoute dans le côté domi : « Ouais, vazy prends salope. Tu kiffes ? Ouaiiis ». Citebeur style, fesses qui claquent en prime.

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Retour au bar. Je me fais accoster par un jeune touriste asiatique qui me parle en anglais. Il me demande si c’est normal qu’il y ait aussi peu de gens et surtout aussi peu de jeunes. Je lui conseille d’autres adresses mais il dit qu’il veut quand même tenter de faire un truc ici. « We have to have fun ! » me lance-t-il en trinquant. Il parcourt plusieurs fois tout le bar et me lance un air mi-souriant mi-dépité quand il recroise mon regard. C’est la dèche.

Il s’assoit de nouveau à côté de moi et la lumière signifiant qu’un mec a sonné à la porte clignote. On espère tous les deux que ce sera un beau mec : on est comme les aliens qui attendent le grappin dans Toy Story. Deux gars arrivent et l’un des deux me plaît grave : YES ! Grand, musclé sec, rebeu, avec une tête hyper choupi qui me fait songer à celle de l’iranien bombasse Arad Winwin. Je me dis qu’il est sans doute trop BG pour moi mais l’avantage quand tu es l’un des seuls mecs jeunes trentenaires d’un sexclub et qu’il n’y a pas foule c’est que tu peux facilement pécho le gros lot. Je ne vois pas trop de concurrence, j’ai de l’espoir, d’autant plus que mon camarade touriste dit ne pas trouver ma target si ouf que ça. Il décide d’ailleurs de partir au Sun City finalement.

arad winwin photo

Arad Winwin

Je me reprends un verre, l’alcool monte et je suis désormais focus sur ma cible. Il va vers le mini-labyrinthe avec son pote, je les suis. Je n’arrive pas à déceler s’il y a moyen ou pas. Nos regards ne se croisent pas, il a l’air un peu timide. Lui et son pote se posent à nouveau au bar. Je me tiens à proximité et le mate à mort. Je fonds complètement pour son visage. Il n’a pas l’air hyper sûr de lui et il ne m’en faut pas plus pour me mettre à fantasmer d’avoir trouvé la perle rare et inespérée du bordel : un mec bien et timide, quand même un peu chaud de la bite puisqu’il est là. Je rêvasse, me voit déjà l’embrasser, le câliner, lui mettre la main dans ses cheveux. Je m’imagine passif avec lui. J’imagine qu’entre nous deux le sexe sera doux. Je nous vois sourire, heureux.  Bon, il ne me regarde toujours pas : ça sent le sapin tout ça !

Lui et son pote vont dans l’allée à gauche à côté du bar. Je me dis que je ne vais pas faire mon stalker et que je vais attendre un peu pour voir s’ils y restent. Cinq minutes plus tard, ils ne sont pas revenus : auraient-ils trouvé leur bonheur ? Je m’embarque dans l’allée et je ne les vois pas une fois arrivé au bout. En rebroussant chemin, je remarque qu’ils sont dans une cabine… entrouverte. Le message est clair : quand tu laisses une cabine ouverte, c’est que soit tu veux t’exhiber, soit tu es pas contre avoir de la compagnie. Un mec me devance et essaie des les rejoindre mais se fait recaler. Je décide de me lancer. En pénétrant dans la cabine, j’ai le plaisir de constater qu’on ne me demande pas de sortir. Je ferme la porte. Je comprends toutefois que ces deux-là ne sont pas amis. Ils forment un couple venu pimenter leur soirée. Pour la love story avec mon Arad, c’est mal barré.

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Je réalise aussi que mon BG n’est pas ,mais alors pas du tout, actif comme je l’imaginais. Il est plutôt du genre hyper soumis. Son mec lui fait travailler son fond de gorge en me regardant droit dans les yeux avec un air super sale. Son mec, il ne me plait pas. Il me faut quelques secondes pour entrer dans ma tête la donnée que celui que j’imaginais comme actif est en mode super docile. C’est drôle mais je me trompe souvent sur les préférences de position des gens : je suis super nul à ce jeu-là et ça me joue régulièrement des tours. Je me dis dans ma tête : « Merde je l’ai regardé comme un passif amoureux transi plein de désir alors que j’aurais dû la jouer en mode confiance domi ». Je pouvais pas deviner mais il n’est pas trop tard pour switcher. Son mec s’énerve et lui colle des baffes, ce qui le fait gémir. Le BG tend ses fesses, elles gigotent un peu. Son gars m’invite du regard à peloter ce cul ma foi très appétissant. Je tripote, je donne une petite fessée amicale. Il kiffe, je donne une fessée plus méchante. Je le doigte. Il gémit de plus en plus fort. C’est excitant.

Ça devient bien chaud : le copain du BG bouge la tête comme pour me dire quelque chose. J’ai l’impression qu’il a envie que je sodo son chéri. Je sors ma teub mais je réalise que je n’ai pas de capotes et qu’il n’y en a pas dans la cabine. Je prends la Prep, je pourrais m’autoriser une folie même si j’en connais les risques mais je suis hésitant. Je reste un peu comme un con, je bugue. Le petit copain semble perdre patience et retourne le BG et le prend pendant que ce dernier commence à me sucer. Ça dure deux minutes. L’actif jouit, se retire et remet son pantalon. Le BG se rhabille aussi. Fin de la partie. Ils quittent le lieu 2 minutes plus tard. 

Je retourne au bar avec la gaule. Je me colle contre le comptoir, discret. Un homme d’origine mexicaine se met à me parler. Il est torse nu, plutôt pas mal, belle voix grave. On va fumer une clope. Il est architecte, a de la conversation, dit venir ici de temps en temps « pour prendre un verre ». Il me paie d’ailleurs un Monaco. Oui je bois des Monaco et pas de bières et je sens le jugement des mecs à chaque fois que je me retrouve avec mon verre plein de sirop. 

On trinque. Je le dévisage un peu. J’aime bien son nez. Il me demande ce que je suis venu faire ici. Je lui explique que je ne suis pas venu pour jouer aux dés. Il me demande quels sont mes trips, ce que j’aimerais faire ce soir. Je lui raconte que je suis un peu frustré car j’étais lancé avec mon BG mais ça a été avorté. « T’es actif donc ? ». Je réponds que je suis versa, que ce soir je ne me sens pas passif, peut-être actif ou peut-être en mode pompe. Je précise que j’ai du poppers avec moi et que je trouve ça bandant de pomper sous poppers de temps en temps. Je dis pas ça innocemment : ce genre de mec c’est typiquement le genre de mec que j’imagine un peu domi. Quand je lui demande ce que lui aime, il reste très évasif. Je lui fais remarquer qu’il est gonflé de ne pas m’en dire plus alors que moi j’ai été assez précis. « Non mais je suis là tranquille ». Il me propose de retourner fumer.

On fume, il fait la conversation aux autres mecs présents. Quand on se retrouve juste tous les deux dans le fumoir, il me demande « Et tu te sens chaud là ? Tu as d’autres trips ? ». Je reste évasif comme lui avant : je me suis fait avoir une fois, pas deux. « Tu as l’air tout jeune, qu’est-ce que tu fais ici ? ». Je lui explique qu’avec le temps je trouve ça plus cool et humain quand j’ai envie de tirer un coup de venir dans un lieu comme ça que de faire un plan direct Grindr avec des échanges de photos dans tous les sens. Il tourne autour du pot, n’arrête pas de me répéter que ma place n’est pas ici mais dans un bar « normal » avec davantage de mecs plus jeunes. C’est mignon mais bon. Qu’a-t-il en tête ? Espère-t-il me ramener chez lui ? Fait-il juste la conversation ? D’autres mecs entrent dans le fumoir, il se rallume une clope. Je sors.

Je vais faire un tour dans le mini-labyrinthe. Je tombe sur deux autres rebeus assez sexy. L’un se fait pomper, l’autre est à genoux. Celui qui se fait pomper est assez charmant, j’aime bien ses yeux et ses joues. Il a un beau cou aussi. Je mate, tranquille, en m’installant juste à côté d’eux. Le courant a l’air de passer : le « sucé » pose sa main sur mon torse et se met à me pincer les tétons à travers le T-shirt. Je suis super sensible à ce niveau donc c’est la bosse direct dans le pantalon. Le mec qui le suce avance à genoux vers moi. Il a l’air bourré et ses mouvements ressemblent un peu à un mort vivant. Je ne le vois pas bien donc j’hésite. Ce qui fait qu’il avance et recule maladroitement. Il a un petit côté grotesque en faisant ça et je me vois aux prises d’un pompeur zombie. J’ai envie de rigoler mais ce serait mal venu. Heureusement le pompé me fait reprendre mon sérieux en me roulant une grosse pelle et en continuant de me pincer les tétons. Il a le regard ténébreux, un côté domi force tranquille : hot !

Je me laisse aller et donne mon sexe au pompeur qui passe de ma teub à celle du sexy rebeu. Puis je goûte au sexe du sexy rebeu qui en profite pour me palper le derrière. Je me relève, refile mon sexe au pompeur et là le sexy rebeu vient me demander au creux de l’oreille si j’ai envie qu’il me prenne. Moment d’hésitation mais je n’ai pas fait de lavement avant de venir, je le sens pas. « Désolé, j’ai mal au bide ». Bon c’est pas le genre de trucs à dire dans ces situations je crois mais je suis bourré et je m’en fous.

Finalement je m’offre un petit plaisir voyeuriste. Je mate le sexy rebeu se faire pomper et ça suffit assez à m’exciter (il a des expressions de visage hyper bandantes) pour que je jouisse discrètement avant de m’éclipser en disant « Je fais une pause ». Sexy rebeu m’attrape le bras et me lance d’une façon assez mignonne « Reste avec nous ». Je m’excuse et dis que j’ai besoin de prendre l’air.

Retour au bar. Il commence à se faire tard. Finalement la soirée n’est pas si calme que ça. Comme quoi il faut parfois faire preuve de patience. Il y a un peu plus de monde qu’avant. Je me prends un dernier verre. L’architecte d’origine mexicaine est aussi au bar. Je me demande s’il m’a vu faire des cochonneries, s’il m’en tient rigueur. Il a l’air un peu plus distant mais pas fermé non plus. « On va fumer ? » propose-t-il. On retourne au fumoir. On est juste tous les deux mais il n’est pas hyper causant. Débarque un mec typé, corps de malade, en mini-slip. Il demande une clope à l’architecte qui lui en donne une. « Merci, tu veux me l’allumer ? ». L’architecte lui allume.

Clairement, Mister Mini-slip trouve l’architecte à son goût et ne se prive pas pour entrer très vite dans le vif du sujet. « Alors les mecs vous aimez quoi ? ». L’architecte fait l’idiot : « Comment ça ? ». « Ben en cul quoi ! ». Il reste évasif et dit « Ça dépend de la personne ». Mister mini-slip nous demande ce qu’on fait dans la vie et mon métier a l’air de l’intéresser. Il commence à me parler de sa vie, m’explique qu’il est danseur, qu’il fait tout un tas de trucs. D’un coup, sans transition, il demande : « Vous avez des photos ? ». Je comprends pas trop. « Des photos de baise de vous ». Je rigole et réponds que je n’ai pas mon portable avec moi. Je comprends pas le concept d’envoyer des photos comme sur Grindr alors qu’on est en face l’un de l’autre. 

« Moi j’en ai, tu veux voir ? ». Je trouve ça complètement improbable. Je vois l’architecte qui le juge grave du regard. Mister Mini-slip sort son tel et me fait défiler tout son album photo. « Alors voilà : y a ça, et puis ça… Tu kiffes ça toi ? ». Sur les photos : lui à poil, lui avec sa grosse bite, lui avec le cul cambré à 4 pattes le trou dilaté, lui qui suce à genoux, lui qui lèche des pieds, lui qui se fait pisser dessus, lui la bouche pleine de sperme. Il a l’air tout content de me montrer en mode diapo tous ses trips sexuels. Je suis mi-choqué mi-amusé. J’aime bien sa folie, sa spontanéité et cette façon d’en avoir absolument rien à foutre. L’architecte se lève et part. Je ne le reverrai pas. 

Ce qui suit est complètement improbable : je reste une demi-heure assis à regarder des photos de cul de Mister mini-slip puis des vidéos de lui qui danse sur du Beyonce lors de ses spectacles. Il me cherche un peu l’air de rien, me met la main sur la cuisse. Je lui réponds que ce soir je lui servirais pas à grand chose. J’ai joui il n’y a pas longtemps et là j’ai franchement pas l’énergie. « C’est pas grave c’est cool on fait connaissance ».

La nuit est finalement passée toute seule. Je refais un dernier tour avant de partir. Je manque de me casser la figure car ça glisse au sol. Je sors. Il fait jour, je crois : putain je suis bien bourré ! Un mec m’accoste pour me demander une clope. « T’étais au Full Métal ? ». Je lui réponds qu’il m’a vu sortir donc oui. « C’est bien ? C’est comment ? C’est avec des métalleux ? ». LOL.

J’hésite à me commander un Kapten mais ça coûte 30 balles. Il faut que j’arrête de dépenser mon argent n’importe comment. Je prends le chemin du premier métro. J’ai un peu de temps à attendre. Je m’assois près de l’entrée de la station. Je clope, vais sur Insta, checke Grindr où je ne reçois que des messages de passifs « high BBK ». Et d’un coup j’entends « Hey ! ». Ce sont deux espagnols dont un mec vraiment hyper mignon. Je fais coucou. « Tu veux baiser toi ? ». Je reste comme un con. « Quoi ? ». Le mec mime l’acte, rigole et surenchérit « On rentre là.  Tu veux baiser ? ». Je me tâte : je suis mort, c’est n’importe quoi mais en même temps le mec est super craquant et il a vraiment l’air sérieux et chaud. « Allez, viens ! ». Je finis par les suivre car je trouve ça drôle et fou.

On marche et je ne réalise pas trop ce qui se passe. Le mec mignon porte à moitié son pote qui titube. Son pote est bof bof mais je me dis qu’avec un peu de chance il comatera et je serai tranquille avec celui qui me plait. « T’as fait quoi de ta soirée, t’étais où ? ». Je mens : « J’étais à un anniversaire ». Il comprend pas bien ce que je dis et entends que je fêtais mon anniversaire et se met à me chanter « Happy Birthday ». Il me dit qu’ils étaient au Cud et se plaint de la musique pourrie. « Toi joli » me lance-t-il. Je lui réponds que lui aussi. Il s’excuse de mal parler français, je lui propose de parler anglais. Il me demande si je ne parle pas espagnol. Je dis que non. « Allemand ? ». Non plus. D’un coup son pote bourré lui fait un bisou en lui disant au revoir. Et là le mec qui me plait me dit : « Bon ben salut ». Je reste planté comme un piquet, je comprends pas. « Ben rentre avec mon pote, c’est pour mon pote ». Whaaat ? Il m’a pris pour Sam le Capitaine de soirée ? Et le mec mignon traverse la route et s’éloigne. Il n’est plus qu’un mirage. Je me sens vraiment très con. Son pote me dévisage, j’ai l’impression qu’il va me gerber dessus. Je lui dis : « Désolé mais je vais rentrer, ça va aller ? ». Il opine du chef et crie pour retrouver son pote. Je vais prendre mon métro tranquille et somnole pendant le trajet.


C’était plutôt cool cette soirée au Full Métal. Pas plein à craquer, beaucoup de mecs âgés mais avec de la patience on n’est pas à l’abris de belles surprises. Et une fois encore l’espace est assez agréable. Not bad not bad. 

Le Gay Désir. Le blog français d'actualité du porno gay.