1970

CONFESSIONS OF A MALE GROUPIE de Tom DeSimone : sexe, défonce et musique

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Joli OFNI du porno gay, Confessions of a male groupie  (sous-titré « How I learned to stop worrying and love the Electric Banana ») dresse le portrait d’un jeune homme fraîchement sorti de l’adolescence (incarné par le craquant Larry Danser) et quittant sa petite bourgade natale pour vivre des moments intenses à Hollywood.

confessions of a male groupie tom desimone

Avant que le générique, rock et kaléidoscopique, ne se lance, notre jeune héros se présente face caméra en nous disant : « Je vais dans les meilleures fêtes, fume la meilleure dope et suce les plus grosses queues« . On découvre ensuite sa chambre d’ado, pleine de vinyls. C’est là qu’il décide de s’offrir une petite pause musicale, prenant une ligne de cocaïne, mettant son casque sur les oreilles. Le jeune, frêle et imberbe Larry Danser se laisse peu à peu partir dans un délire. La musique l’inspire et il s’imagine courant dans la rue en pleine nuit puis nu, au beau milieu d’un décor noir, prenant la pose avec d’autres jeunes filles et garçons avant de s’adonner à une intense masturbation. La musique colle parfaitement aux mouvements, plus encore elle semble les orienter. Ou le porno comme une vignette pop. Le montage, lui, s’amuse à nous faire ressentir un état de défonce. Un solo à la fois pur et intense.

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S’ennuyant chez lui, notre garçon groupie décide d’entamer un tour des Etats-Unis jusqu’à arriver à Hollywood, ville nourrissant tous ses fantasmes. Il y débarque avec des étoiles pleins les yeux, sautillant dans la rue, avec une grande soif de rencontres. L’euphorie cède toutefois rapidement la place à des temps plus difficiles. Fauché et sans but, le joli brun se réfugie chez une amie aux airs de travestis, Sweet Lady Mary (Myona Phetish), qu’il idolâtre. Si la voix off naïve nous présente ce personnage comme important, connaissant tout un tas de personnes dont quelques-uns des groupes indépendants les plus en vue du moment, on comprend bien que Lady Mary est avant tout une marginale qui passe son temps à se défoncer. Quand cette dernière est sur le point d’accueillir chez elle les Electric Banana, formation de passage pour sa tournée, le jeune groupie exulte. Il confesse n’avoir en fait jamais rencontré un groupe en vrai et considère la visite qui s’annonce comme un événement majeur. Le groupe en question est composé de trois trentenaires au look hippie / destroy, cheveux longs de rigueur.

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Prenant place dans le Hollywood du début des années 1970, Confessions of a male groupie livre un instantané d’une certaine marge de l’époque, éprise de liberté et d’excès, baignant dans la drogue. On retrouve ainsi les Electric Banana chez Mary, venus se défoncer en sa compagnie. Deux des mâles, Jeff et Franck, sont ouvertement en couple et se lancent dans des préliminaires sur le canapé du salon, sous le regard excité et amusé de leur hôte. Sweet Lady Mary n’en rate pas une miette, contemplant le spectacle comme si elle se trouvait dans une salle de cinéma, tout en mangeant avec de plus en plus de gourmandise du chocolat. Alors que les rapports se font plus intenses, que la tension sexuelle monte, elle lèche une grosse sucette, à défaut de pouvoir transformer le duo en trio. Le groupie n’apparaît pas dans cette scène, qui, comme chacune du film, dispose d’une bande-originale assez géniale.

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Si lors de l’ouverture notre jeune fan se vantait de ses expériences, on comprend assez vite qu’il n’est une grande gueule. Il est en fait puceau. Il finira par avouer que son amie Mary lui a appris à faire des fellations. Une amie décidément assez fantasque puisqu’elle a pour habitude de s’amuser à mouler les sexes des musiciens qu’elle invite chez elle pour compléter sa collection de godemichets. Le réalisateur Tom DeSimone filme à la fois avec dérision et tendresse ses personnages de doux désaxés. Son regard est plutôt documentaire, ne juge pas, filmant les acteurs qu’on devine très proches de leurs personnages en train de se piquer ou de chercher à s’amuser comme des enfants en permanence pour fuir le monde et ses responsabilités. Dans cette recherche d’oisiveté et d’oubli, l’amitié, les substances illicites, les gourmandises et le sexe semblent être les meilleurs moyens.

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Déterminé à ne pas laisser passer sa chance avec le premier musicien qu’il rencontre de toute sa vie, le groupie jette son dévolu sur le seul célibataire des Electric Banana : Steve.  Il arrive à ses fins après lui avoir moulé le sexe pour son amie Mary. Un duo assez tendre, fiévreux, riche en gémissements, jouant avec douceur la carte de l’étreinte « intergénérationnelle ». Cela reste très soft, sensuel : les partenaires ne vont pas plus loin que les baisers, les langues qui parcourent les corps, les fellations.

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Après une parenthèse barrée et onirique mettant en scène Lady Mary nue dans son bain, le film s’achève sur une grande scène de fête durant laquelle une multitude de personnalités extravagantes prennent la pose. Et Confessions of a male groupie de nous quitter sur une note pour le moins nostalgique. Le jeune héros nous informe en effet que la belle époque a fini par arriver à un terme : le groupe pop s’est séparé, sa copine est morte et lui-même a fini en probation pour possession de marijuana. Il retiendra d’Hollywood son étourdissement, un moment de sa jeune vie où tout semblait possible.

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On pense souvent au cinéma de Paul Morrissey / Andy Warhol devant ce moyen-métrage porno gay (une durée d’un peu moins d’une heure). C’est sans aucun doute l’un des rares films x disposant d’un tiers de sexe pour deux tiers de fiction. Ce n’est pas pour autant que les dialogues sont nombreux ou le scénario très précis. Tom DeSimone s’attarde sur l’atmosphère, nous invite à plonger dans le quotidien rock’n roll de ses drôles de sujets. Peu nombreuses, les scènes d’intimité (on ne parlera pas de « baise » car ce n’est vraiment pas ce qui est montré à l’écran) constituent une jolie réussite, en grande partie dûe au charme juvénile de Larry Danser. Avec sa bande-originale entre pop, rock et musique psychédélique, sa mise en scène délicate associée à un montage clipesque donnant souvent le vertige, Confessions of a male groupie est une curiosité, un retour dans les seventies, avec un regard coquin et doucement halluciné.

Film produit en 1971 et visible ici

Le Gay Désir. Le blog français d'actualité du porno gay.