1990

BERLIN TECHNO DREAMS de Cazzo : toute la fureur gay des nineties

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Attention, film porno gay culte ! « Berlin Techno Dreams » est le tout premier long-métrage sorti en 1996 par le label allemand Cazzo sous la houlette des producteurs Jörg Andreas et Jürgen Anger. Jörg Andreas réalise par ailleurs cette oeuvre joyeusement lubrique et décadente qui a été tournée au coeur des sexclubs underground berlinois (dont le toujours existant « Connection »).

Pourquoi culte ? Car on peut voir en « Berlin Techno Dreams » un miroir au génial « New York City Inferno ». Ce dernier prenait place avant que le Sida ne vienne transformer la fête en combat. « Berlin Techno Dreams » fait renaître le cruising de ses cendres alors qu’à la fin des années 1990 on se réaffirme et on se laisse à nouveau aller à la folie des corps, cette fois protégé par la capote.

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Si on pense à « New York City Inferno », c’est parce que ce long-métrage nous plonge pendant environ 1h15 au coeur d’un sexclub à la fois fantasmatique (il y a beaucoup beaucoup d’action), nous faisant découvrir les recoins du lieu, son atmosphère, ses rencontres de façon à la fois cinématographique et documentaire. « Berlin Techno Dreams » capture quelque chose de l’époque : le retour des soirées culs débridées, cette fois à la sauce berlinoise, qui allaient contribuer à faire de cette ville la « capitale du cul » pour les gays.

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Pas d’inhibition : ici il suffit de se laisser aller, ouvrir grand les yeux et s’abandonner au plaisir. La drague classique se mêle à des plans domi-soumis plus ou moins poussés, à des jeux à deux ou à plusieurs, en look classique, leather ou punk. En arrière-plan, des drag queens au regard et au sourire malicieux, des danseurs fous et dénudés qui s’adonnent à des chorégraphies endiablées sur la techno de l’époque. C’est la fureur des sexparties, des nuits en sexclubs qui s’éternisent jusqu’au petit matin entre danses et orgies, faisant jouir les clients plusieurs fois dans la même soirée.

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Si plusieurs plans s’enchaînent, on s’attarde notamment sur un jeune allemand blond qui fait, on le devine, ici ses premiers pas dans le monde des sexclubs. Charmant, un peu timide, il observe avec désir tout ce qui se passe, se laisse tenter par le voyeurisme avant d’être initié au triolisme et à l’exhibition par deux inconnus ayant plus ou moins le même âge que lui. Une porte d’entrée vers de nouveaux plaisirs désinhibés, une camaraderie sexuelle décomplexée. Le jeune héros s’adonnera ensuite au fétichisme, à la soumission en goûtant des sexes à la chaîne à genoux avant de s’abandonner à un actif directif…

berlin techno dreams cazzo La mise en scène de Jörg Andreas est sensorielle à souhait, faisant bien évidemment la part belle aux membres mais aussi aux visages. La caméra ne s’attarde pas que sur des stéréotypes du porno et préfère montrer des mecs avec de vraies gueules, des looks, de l’attitude. Une plongée excitante et délirante dans les nuits chaudes des années 1990 qui nous rappelle que quitte à s’envoyer en l’air avec des inconnus autant le faire dans ce type de lieu ou l’on laisse la place aux surprises du désir plutôt que de passer des heures devant son smartphone à faire la fine bouche.

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